Le 31 janvier dernier, sous le ciel pur du désert, entourée des roches d’AlUla nimbées dans la lumière de fin de journée, l’exposition Arduna, prélude au futur AlUla Contemporary Art Museum, a été inaugurée. En présence d’un parterre de personnalités saoudiennes et françaises, plusieurs intervenants ont pris tour à tour la parole pour marquer l’ouverture de ce projet appelé à compter dans le paysage culturel de la région.
AlUla, oasis culturelle du nord-ouest saoudien, est déjà une destination artistique solidement établie, la quatrième édition de Desert X se tenant déjà depuis le 16 janvier et jusqu’au 28 février 2026. L’annonce de son prochain grand musée d’art contemporain, vient élargir encore ce territoire de création et d’échanges, en renforçant le dialogue entre scènes locales, régionales et internationales.

Arduna, un acte fondateur
Avec Arduna, AlUla ne se contente pas de présenter une exposition de pré-ouverture : elle pose les bases d’une institution pensée pour durer. Le AlUla Contemporary Art Museum se veut un nouveau lieu de dialogue artistique international, enraciné dans un territoire chargé d’histoire. L’ambition affichée est de faire se rencontrer l’héritage millénaire de l’oasis et les idées qui façonnent l’art d’aujourd’hui.
Avant même sa construction, le musée est conçu comme une plateforme active, et pas seulement comme une future architecture. Expositions, commandes, recherche, publications et résidences doivent permettre d’engager les publics avant l’ouverture physique du site. Le partenariat philanthropique avec le Centre Pompidou ouvre également la voie à un rôle de conseil stratégique dans le développement de la nouvelle institution, confirmant la volonté d’inscrire AlUla dans une conversation artistique à l’échelle mondiale, tout en valorisant les voix saoudiennes et régionales.

Une conversation entre générations et géographies
Arduna réunit des figures majeures de la modernité comme Pablo Picasso et Wassily Kandinsky, et des artistes contemporains dont Manal AlDowayan, Ayman Zedani et Etel Adnan. L’exposition fait aussi place à de nouvelles commandes signées Ayman Zedani, Dana Awartani, Tarek Atoui, Tavares Strachan et Renaud Auguste-Dormeuil. Un ensemble qui affirme une direction claire : soutenir des œuvres ancrées dans les paysages et les récits d’AlUla, et les relire dans un langage contemporain.

Une architecture pensée avec l’oasis
Le futur AlUla Contemporary Art Museum prendra place sous la canopée de palmiers de l’Oasis d’AlUla, au sein d’un quartier culturel en développement. Le projet architectural a été confié à Lina Ghotmeh, choisie à l’issue d’un concours international. Ses premières intentions s’appuient sur une recherche historique liée aux 7 000 ans de civilisations continues de la région et recherchent une symbiose avec la nature.
Dans ce paysage époustouflant, où chaque roche semble déjà une œuvre d’art, imbibée d’histoire, de vent et de sable, Arduna et la vision du musée viennent promettre de nouveaux dialogues et de nouveaux croisements de regards, jusqu’alors improbables, entre patrimoine vivant et création contemporaine.