Un port, une mémoire, une ligne d’horizon. C’est depuis la résidence officielle de l’ambassadeur du Canada au Liban, Gregory Galligan, surplombant le port de Beyrouth, lieu chargé à la fois de douleur et de résilience, qu’a eu lieu une rencontre stratégique réunissant la direction de Beirut Film Society et plusieurs membres et amis de Lebanon Cinema Days in Canada. Un rendez-vous pensé comme un jalon : celui d’un dialogue structuré autour de l’avenir de la coopération culturelle entre le Liban et le Canada, et de la manière de la rendre plus visible, plus solide, plus durable.
Au-delà de la symbolique du lieu, l’enjeu était clair : poser les bases d’une collaboration à long terme, appuyée sur une structure institutionnelle et des étapes de mise en œuvre concrètes. Objectif annoncé : renforcer les liens historiques et humains entre les deux pays et servir la communauté libano-canadienne par des projets culturels qualitatifs, capables de produire un impact réel dans le temps.
La délégation présente comprenait : le Dr Sam Lahoud, président de Beirut Film Society, le Dr Rony Daoud (trésorier), Karen Boustany (écrivaine et journaliste), Tony Farjallah (scénariste et réalisateur), Badi Abou Chakra (acteur), Elsa Tony Khalil (relations académiques et partenariats Canada–Liban), Ornella Maalouf (directrice de la production créative) et Doris Saba, directrice exécutive de la Beirut Film Society.
Au cœur des échanges : l’expansion des activités de Beirut Film Society au Liban, au Canada et au sein de la diaspora libanaise, portée par une vision qui place la diplomatie culturelle au centre. La société entend renforcer les échanges artistiques et académiques, tout en développant des plateformes pérennes de dialogue, de création et de coproduction. Une approche qui ambitionne d’articuler l’élan culturel de la diaspora avec des partenariats institutionnels, et de faire de la culture un espace de rencontre entre communautés, générations et territoires.
Plusieurs initiatives ont été évoquées lors de la réunion, dessinant un horizon à la fois ambitieux et structurant. Parmi les propositions : explorer la création d’un cadre de travail pour un « Conseil canado-libanais de la culture et des arts », travailler à l’établissement d’un centre culturel canadien au Liban bénéficiant d’une reconnaissance institutionnelle, et développer une « Semaine Canada–Liban de la culture et des arts » intégrant cinéma, théâtre, littérature, arts visuels, musique, expositions et échanges académiques.
L’ambassadeur du Canada a souligné le rôle essentiel de l’expression artistique dans le renforcement du lien entre les deux pays, tout en exprimant la volonté de l’ambassade de soutenir les efforts visant à connecter institutions publiques et privées. Une manière d’affirmer qu’au-delà des événements, c’est un modèle bilatéral progressif et durable qui est recherché, un cadre qui permettrait de passer de l’initiative ponctuelle à une dynamique continue.
Beirut Film Society indique travailler actuellement à la mise en forme d’un cadre interne et d’une proposition pratique pour traduire cette vision en étapes opérationnelles, tandis que les échanges se poursuivront avec les parties prenantes au Liban et au Canada dans la période à venir.
Dans un moment où les ponts comptent autant que les projets, et où l’art continue d’offrir un langage commun quand le monde se fragilise, cette rencontre s’inscrit comme un signal : celui d’une diplomatie culturelle qui se construit, patiemment, à hauteur d’humain du Liban au Canada, et à travers chaque champ artistique.