L’artiste peintre Rima Amyuni vient de nous quitter pour un monde meilleur. Que son âme repose en paix éternelle.
Rima a mené une carrière artistique productive, mais avec humilité et sans fanfare. Son œuvre a toujours gravité autour d’un univers clos, domestique, comme si elle entretenait une correspondance sans filtre avec ses sujets : les gens qui l’entourent, les objets du quotidien, qu’elle faisait chatoyer d’une attention intime. Cette proximité nous fait entrer, presque d’emblée, dans son intérieur — comme un portail qui nous permet de vivre l’expérience avec elle. L’art de Rima peint un monde familier dans ses détails : une fenêtre, une tasse de thé, une barrière, un buisson, un pot de fleurs, des personnages dans leur quotidien… Et il y a, dans ses toiles, un réconfort familier, comme pour nous rappeler que notre monde n’est pas tout à fait différent, et surtout que c’est un monde qu’on peut aimer, et qui peut encore nous faire rêver. Elle nous fait ressentir avec brio l’intensité de cet univers profond et enchanté, malgré son apparence simple, voire banale.
Rima a renoncé à une éducation académique de haut niveau pour représenter avec amour son monde simple mais vibrant, peint à coups de pinceau puissants et maîtrisés : ses émotions face à l’espace, à la vie, à l’instant. Sa naïveté apparente s’exprime à travers des images brutes, non académiques, qui nous rappellent la cuisine de nos mères, ou font remonter les souvenirs nostalgiques d’une enfance heureuse. Pour Rima, le monde garde une clarté malgré son apparence naïve, parfois irréelle ; c’est probablement pourquoi son univers paraît, paradoxalement, si vrai, si ressenti, si compris.
Avec son départ, la peinture libanaise perd quelque chose de son innocence. Mais Rima Amyuni restera pour toujours gravée dans notre mémoire collective, à travers son œuvre picturale, qui l’honorera pour l’éternité.