Une nuit noire.
Un léger mal de tête.
Un bruit de moteur au dehors.
Au loin un bolide qui déchire le silence.
Ce malaise de vie qui vous accompagne parfois jusqu’au lit et vous retrouve au réveil.
J’ouvre l’ordi pour me divertir de mon malaise. Je vois un garçon. Assis, pieds nus, penché sur une guitare collée à son torse, une chemise et un pantalon quelconques, devant un mur jaune moutarde.
Rien que ce garçon et sa guitare en face de moi.
Les cheveux ébouriffés, il pique les cordes en bougeant la tête.
Tout son être semble ensorcelé par ses doigts qui courent et gambadent sur sa guitare. D’une main sortent des arpèges en boucle, de l’autre des solos en phrases. Le tout est parfaitement enchevêtré. Une véritable boule de nerfs en marche qui s’emploie à produire une musique céleste.
Le morceau qu'il joue est une chanson de Stevie Wonder qu'il déverse sur sa guitare. Stevie lui-même, en aurait eu la bouche bée. La chanson intitulée « overjoyed » avant cette transformation, devient un mélange de bossa nova, de guitare classique accompagnée de toute son âme. Un mélange de je-ne-sais-quoi exquis, qui vous redonne le goût à la vie.
Le virtuose s’appelle Antoine Boyer.
De ses doigts jaillit la musique comme une eau de source, pure et claire. Fraiche et dénuée de laideur.
Le mal de tête disparaît.
Le bruit des moteurs aussi.
Et toutes les imperfections de la vie avec.
Un moment de plaisir.
La vie peut être si belle parfois...