Au fil des jours qui défilent et s'en vont, je ne peux m’empêcher de penser à ma vie qui fonce à pas feutrés vers sa fin. Chaque matin je me sens un peu moins jeune, un peu moins vigoureux, la tignasse un peu plus blanche...
Chaque jour un tout petit peu plus…
Ces derniers temps, je perds des amis, des personnes proches, des connaissances qui faisaient partie de mon quotidien. À chacune de ces disparitions, je fais face à la réalité de la mort, cet instant qui se rapproche lorsque ma propre existence prendra fin. Et je poursuis ma marche alourdi par cette idée qui devient une obsession bien plus qu’une simple idée.
Après un enterrement, j'observe les gens vaquer à leur vie comme si de rien n'était, feignant la normalité, résignés en apparence au destin inévitable de la mort.
J’ai lu dernièrement une inscription sur une sépulture druze qui disait ‘Al Mawtou Haq’ (la mort est justice ?), phrase qui m’a étonné. Pourquoi la mort serait-elle justice ?
En y pensant, il est vrai que la mort, cette vérité implacable et universelle, efface toutes les distinctions éphémères que la vie de chaque homme a tissées.
Elle apparaît comme le seul événement à travers lequel tous les hommes redeviennent égaux, dépouillés de leurs richesses et de leurs statuts pour rejoindre le néant.
Mais l’obsession de la mort ne fait qu'attiser ma curiosité sur le sens de la vie. Je lis alors ce tout qui a été dit des grands penseurs sur le sujet.
Freud disait que ‘personne, au fond, ne croit à sa propre mort, et dans son inconscient, chacun est persuadé de son immortalité’.
Voltaire divie,sure Dieu nous a donné le vivre, c'est à nous de nous donner le 'bien-vivre' . ’
Fontenelle disait, ‘Ne prenez pas la vie au sérieux ; de toute façon, vous n'en sortirez pas vivant’.
Pour Woody Allen, la vie est intrinsèquement horrible, une mascarade où le malheur et l'absurdité dominent, ce qui nécessite de l'humour pour ne pas sombrer dans la folie. Et la mort est une obsession qu'on cherche à éviter en ne mourant pas jeune, en croyant en l'immortalité ou en s'occupant des petites choses, tout en reconnaissant son absurdité.
L'art, la musique et la littérature sont des remèdes temporaires à l'angoisse existentielle.
Woody dit surtout que, ‘se tromper soi-même sur le sens de la vie est le seul moyen d'être heureux.’ !!
Alors quel sens donner à cette vie qui se termine d’une manière si abrupte ? Comment vivre notre existence en se réconciliant avec le néant qui arrive ?
Pour Einstein, la plus belle chose que nous puissions éprouver, c'est le côté mystérieux de la vie.
Un proverbe chinois dit; ‘Si tu as de bons pinceaux, fais de la vie une belle toile’.
Et pour Victor Hugo, ‘ Ce n’est rien de mourir, c’est affreux de ne pas vivre’.
En somme, puisque la mort est inévitable et que la vie ressemble à une farce absurde, chaque jour devrait être comme une page blanche du cahier de la vie, sur lequel il faut écrire une belle histoire, pleine d'humour, de folie et de poésie...