Le choix du nom joue délicatement sur les mots. Clin d’œil à la fermentation, à la patience et au vivant, qu’il s’agisse de cépages ou de pain.
Le lieu se distingue par son atmosphère lumineuse et apaisante, miroir parfait de la passion de son fondateur, Salim Yasmine.
Chez lui, le vin et le pain partagent une même philosophie : celle du temps, du savoir-faire, de la patience et de la transmission.
L’espace a été conçu comme une bibliothèque. Les bouteilles y sont présentées comme des ouvrages précieux, classées avec soin, invitant à la découverte et à la lecture gustative.

Chaque étagère raconte une histoire, chaque cuvée est un chapitre.
Ici, on lit un vin, on l’interprète, on en discute. Les dégustations, programmées avec soin tous les mois, deviennent des conversations, les accords mets-vins, des dialogues subtils. Une adresse à part, où l’on vient savourer, apprendre et partager, comme on tournerait les pages d’un beau livre.
Notre rencontre se passe dans un coup de cœur spontané. Je pousse, un soir à Beyrouth, tout à fait par hasard, la porte d’un espace lumineux faisant l’angle entre la rue Abdel Wahab et la rue Monnot. Nous sommes quelques semaines après l’ouverture, dans un moment calme, en dehors des heures de service. Me voilà immédiatement sous le charme de l’accueil de Salim et de sa souriante épouse, Yasmine.
Des effluves d’un extraordinaire gâteau au chocolat bien corsé me font fondre, et les questions s’enclenchent naturellement.

Votre passion est imprimée partout dans ce lieu. Pouvez-vous nous raconter votre parcours en quelques lignes ?
Mon histoire avec le vin a commencé en l’an 2000 quand je travaillais comme chef de produits vins et spiritueux chez Bocti.
Je faisais partie de l’équipe qui a préparé, organisé et lancé Vintage Shop à Saifi en 2002. J’ai toujours aimé le vin, et ma passion s’est encore plus renforcée lorsque nous étions à Dubai durant plusieurs années.
Lorsqu’il y a quinze ans, je me suis lancé dans l’entreprenariat, j’ai tout de suite eu l’idée et l’envie de mettre en vedette les vins libanais, qui racontent chacun une belle aventure humaine.
J’avais alors lancé ma boutique de vente en ligne 209lebanesewine.com, une plateforme dédiée à la promotion et à la vente de vins libanais, au Liban comme à l’étranger.
« Levain » est une continuité naturelle du concept de 209, voulu comme un lieu de partage et de dialogue, dans lequel les convives sont reçus en amis, pas en clients.
Les données très incertaines d’un pays quasiment tout le temps en crise ne vous ont pas découragées côté investissement ?
Nous vivons au Liban avec l’optimisme. Il faut y croire, et nous sommes heureux de contribuer à pousser les choses en avant pour réaliser nos rêves. Nous demeurons plein d’espoir, malgré tout, pour notre pays, espérant qu’il se dirige aujourd’hui vers le bon chemin. Donc, il y a un optimisme, il y a un peu de courage, et surtout la passion qui nous porte.
Vous poser la question de votre vin préféré, c’est comme demander à une mère lequel de ses enfants elle préfère, mais pouvez-vous me donner, malgré tout, une idée de vos préférences, côté cépage par exemple ?
Ce sont effectivement des cépages que j’apprécie plus que des marques. Des manières, des styles de vinification que j’apprécie chez certains producteurs.
J’aime beaucoup les vins qui ont un équilibre de goûts, une vraie « balance », comme l’on dit en anglais, si vous voulez… peut-être parce que je suis né Balance… L’idée, c’est que j’aime les vins qui ont du corps, du tanin, avec un équilibre entre les fruits et les arômes. Difficile de trouver ces qualités avec un mono-cépage, mais j’aime beaucoup les merlots, les syrah, certains pinots, certains mourvèdres, des cinsaults…
Votre carte est courte, mais très éclectique. Elle est clairement là pour accompagner la boisson, mais elle ne constitue pas ici le cœur du sujet. Quels sont vos plats préférés ? Et vos desserts ?
Pour ce qui est des plats préférés, j’hésite entre une bonne côte de bœuf bien assaisonnée, bien travaillée, avec des accompagnements choisis comme des cèpes, des portobellos… et un bon saumon grillé au feu de bois, ou des fruits de mer bien préparés.
Côté desserts, le tiramisu est pour moi un incontournable, à côté de tout ce qui peut se préparer avec un très bon chocolat noir à 75 %.

Être vinophile, c’est cultiver la curiosité. C’est vouloir goûter pour mieux comprendre, comprendre pour mieux apprécier. C’est aussi accepter d’être surpris, d’élargir ses horizons, d’oser de nouvelles découvertes.
Le vin rassemble et unit les passionnés autour d’une même envie : apprendre, goûter et savourer ensemble. Les arômes deviennent un langage commun, une invitation au voyage. C’est l’idée de transmettre cette passion qui anime, clairement, Salim Yasmine.
Ses cours de dégustation sont toujours minutieusement préparés, avec une attention pour chaque personne et chaque étape.
Passer un moment chez Levain, c’est ouvrir une boîte remplie de pépites, d’aventures, de passions et d’histoires, dans lequel l’humain et le terroir tiennent une place de choix.
À noter, ce lundi 23 février :
Une session spéciale de dégustation : vins et caramel, qui semble être une promesse de bonheur…
À vos réservations !
Cheers !
Levain
Abdel Wahab El Inglizi
1003
Beyrouth, Liban
+961 3 291 929
@levainwinebar
