Sur celle d’avant
On voyait
Accrochés aux volets
Des pots de fleurs
Et des drapeaux
Colorés
S’agiter
Comme lors des célébrations
Des jours de fête
À l’intérieur
Il y avait
Derrière les fenêtres
De l’eau de la lumière
Des frères des sœurs
Et des projets
Le temps y passait
Convié par les mères
Au rythme des
Réunions
Et des repas
D’anniversaires
Et puis il a fait nuit
En plein jour
En plein bruit
Dans le cœur
Et les ventres
De la maison
Il a plu
Des larmes de verre
Mais la rue veille
Et sur le trottoir
La plus pure
Des dames
Donne encore son fruit
Offre sa flamme
Même si
Elle se fait vieille
Beyrouth est le chant
De l’arbre meurtri
Quand la poésie
Se glisse dans
Chacune de
Ses feuilles
Sur les murs noirs
Rue cinquante-deux
Berceuse du soir
Les mots se retiennent
Pour qu’au réveil
Demain ou plus loin
Ses enfants
Se souviennent.
Photo : @myriamshuman