Qui aurait pensé qu’il existait une scène punk à Beyrouth ? Samedi 18 avril, à Zico House, une soirée de soutien aux déplacés en donnait un aperçu. En plein cœur de la capitale, « Dajjeh », qui signifie bruit, agitation ou mouvement, est le nom donné aux soirées punk organisées sur place, un terme qui résume bien l’ambiance.
Présenté comme une plateforme pour artistes émergents, Zico House s’est imposé comme un lieu central pour une scène alternative et expérimentale à Beyrouth. Et comme son nom l’indique, c’est d’abord une maison.
Loin des bars de Gemmayzé, l’atmosphère rappelle davantage des fêtes improvisées : un extérieur pour prendre l’air et discuter, un intérieur presque vide avec un bar rudimentaire, et un salon transformé en salle de concert.
Au programme ce samedi : Betthon 600, Ta2reeban, puis une jam session. Aux premières notes, les discussions s’arrêtent. La foule se presse à l’intérieur, et les pogos démarrent presque instantanément. La musique est forte, les corps se percutent, occupent la salle, et manquent plusieurs fois de heurter les musiciens. Très vite, la chaleur devient difficile àsupporter. Certains sortent par intermittence, le temps de retrouver leur souffle et d’attraper un peu d’air frais dehors. D’autres restent tout le long, pris dans le mouvement. Après le set particulièrement intense de Ta2reeban, la dernière chanson est annoncée, mais le public en redemande encore. Le groupe rejoue un morceau et le pogo repart. Puis la jam session prend le relais. La soirée continue encore un peu. Les musiciens se succèdent, poussés par le public. À l’extérieur, les discussions reprennent peu à peu, comme si la soirée redescendait lentement.
Une scène punk libanaise existe, tant bien que mal. Discrète, mais capable de se rassembler, de faire du bruit, et ce soir-là, de se mobiliser.
