Le Kilimandjaro
Entouré de savane, enfoui dans la brume,
C’est le roi des volcans trônant sur l’équateur,
Son cratère éteint ne palpite ni ne fume,
Et nul autre volcan n’égale sa splendeur
Noyé dans le brouillard pendant tout un hiver
Il s’est fait attendre, puis s’est fait annoncer
Lorsque l’écrin opaque sur lui s’est entr’ouvert
Dévoilant son cratère de cristal glacé
Le Kilimandjaro semble surgir d’un rêve
Fascinant de beauté solennelle et grandiose
Il est omniprésent, il impose et s’élève
À l’aurore dans des teintes de pastel et de rose ;
Sa Majesté règne sur son vert paysage,
Imprimant sa marque empesée, digne et grave,
Jaillissant de la brousse tel un fuyant mirage
Des forêts de bambous et de vertes goyaves
Aux regards qui l’admirent à perte de vue,
Il parait toujours proche alors qu‘il est distant,
Ses neiges éternelles se perdent dans les nues,
Il captive, éblouit, ce souverain géant.
Dounia Mansour Abdelnour
Extraits : Fugues intemporelles