Original text in French.
Jusqu’au 22 décembre, Dar El-Nimer invite à une réflexion sur des murs qui sont au cœur d’une double exposition, ‘The wall / Beirut’ qui rend hommage au travail de Josef Koudelka. En 1991, le photographe tchèque est invité à Beyrouth pour photographier le centre-ville meurtri de la capitale libanaise, quelques années plus tard, il sera invité à découvrir lors de plusieurs voyages le mur qui sépare Israël et la Palestine. Un mur que l’on construit et des murs que l’on détruit. Symboles de la machination humaine, de l’ingéniosité perverse des hommes, les murs portent les stigmates de la séparation et par leurs destructions emportent les dernières traces d’un passé qu’on regrette.
Cette histoire de murs hante le parcours du photographe. Josef Koudelka, né en 1938, est de ces témoins du Rideau de Fer. En 1968, il photographie l’entrée dans Prague des chars du Pacte de Varsovie. Il sera récompensé anonymement pour cette série qui le fera entrer prématurément dans la postérité marquant également le début de sa collaboration avec l’Agence Magnum avec qui Dar El-Nimer s’est associé pour cette exposition. Il quitte son pays en 1970 et demande l’asile en France préfaçant une vie d’exil qui le mènera à une photographie qui interroge l’Homme dans ce qu’il est et ce qu’il fait, oscillant entre ses recherches sur les Gitans aux photographies de centres industriels dans l’Est de la France parmi tant d’autres.
Dans les deux séries de photographies exposées à Dar El-Nimer, Koudelka explore un champ lexical visuel de l’atroce. Par la virtuosité de sa photographie, il semble donner la parole à ce qu’il photographie. Avec des images tant complexes que spectaculaires il plonge le spectateur dans un entre-deux ambigu, douloureusement contemplatif où est souligné le talent des hommes pour achever ces cathédrales de violence. L’exposition, dont le commissariat a été assuré par Xavier Barral, ne se limite pas à des tirages du photographe mais ouvre un questionnement sur le format photographique autant dans sa prise de vue que dans son impression. La photographie n’est-elle pas elle-même un mur à détruire par le spectateur pour comprendre ce qu’il voit ?
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