Il y a deux ans, quelque part entre deux réunions sérieuses et trois tasses de café, Walid El Yazigi écrivait une histoire qui le faisait rire lui-même et c’est toujours bon signe. Une comédie romantique, mais pas n’importe laquelle : une comédie de Noël à la libanaise, avec un pari un peu fou, des promesses difficiles à tenir, et une tempête venue de la Biélorussie.
Il la glisse alors à Josyane Boulos et Lina Abiad, un peu comme on dépose un cadeau sous un sapin : discrètement, mais avec l’espoir que quelqu’un l’ouvrira en souriant.
Les deux femmes sourient. Et le travail commence.
Les dialogues, eux, naissent d’une joyeuse alchimie : Josyane Boulos, Abderrahim Al Awji et Lina Abiad s’y attellent ensemble, chacun apportant une étincelle différente. Résultat : un texte vif, enlevé, taquin, qui attrape l’esprit de Noël sans tomber dans le sucre d’orge.
Un auteur venu du monde académique, mais qui sait faire rire
On connaît le Dr Walid El Yazigi pour ses longues années à diriger l’Institut des Hautes Études Bancaires à l’USJ, pour son expertise en ressources humaines, ses ouvrages, ses cours, et ses interventions en gestion du changement.
On connaît moins sa plume théâtrale, mais elle existe, solide, expérimentée, nourrie de vingt-cinq ans de passion pour les sciences humaines et l’observation fine de nos comportements.
Avec ses diplômes de Nancy I, Paris VII et UCLA, il aurait pu écrire une thèse sur «la tentation dans les environnements festifs ». Au lieu de cela, il en a fait une comédie. Et tant mieux pour nous. « J’ai passé des années dans le management et le développement humain, mais l’écriture ne m’a jamais quitté. Ce n’est pas un changement de direction, plutôt un retour à ce qui m’habite depuis toujours. Chou Carlos Ahsan Menne ? est ma quatrième pièce, et deux livres suivent : Digitalis, qui interroge notre humanité numérique, et Quand une espèce se souvient, à paraître aux éditions Vérone. Collaborer avec Wissam Saliba, Jennifer Yammine et Abderrahim Al Awji, c’est une énergie unique, propre au théâtre. Et puis il y a Lina Abiad, dont le regard traverse les mots, et Josyane Boulos, sans qui cette aventure n’aurait jamais pris vie. »
Lina Abiad : première comédie romantique… et coup de cœur immédiat
À la mise en scène, Lina Abiad, figure incontournable du théâtre libanais, habituée à briser les tabous, à questionner la guerre, l’exil, la mémoire.
Et pourtant, elle confie en riant : « C’est la première fois que je mets en scène une comédie romantique de Noël… et je pense que nous avons tous besoin d’amour, c’est beau ! »
Il y a chez elle cette capacité rare à transformer un texte léger en voyage émotionnel, à offrir à la comédie la même rigueur artistique qu’au drame.
Un Noël blanc signé Abiad… Il y a de quoi être curieux.
Une histoire pas tout à fait sage, mais totalement festive
À l’approche de Noël, Raja (Wissam Saliba) prend une décision héroïque : plus d’aventures, plus de flirt, plus d’embarras sentimentaux, rien, zéro, machi jusqu’au 31 décembre. Un pari scellé avec son meilleur ami Johnny (Abderrahim El Awji.) Et pour un jeune homme qui tombe amoureux aussi vite que la neige fond à Beyrouth, il faut reconnaître que c’est ambitieux.
Tout semble marcher…
Jusqu’à ce que Nikita, Biélorusse mystérieuse, apparaisse comme une bourrasque d’hiver. Et là, évidemment, tout dérape. Le cœur, la raison, la promesse, tout.
Jennifer Yammine qui joue le rôle de Nikita nous dit : « Chou Carlos Ahsan Menneh ? est une comédie moderne, pétillante, mais terriblement humaine, qui joue avec le désir, les contradictions, et ce pouvoir étrange qu’ont les femmes de désorienter les hommes… surtout à Noël. »
Diplômée de la LAU avec mention, passée par les scènes du Liban, des États-Unis, des Émirats et de la France, Jennifer offre au personnage une présence à la fois comique et troublante.
Wissam rit en décrivant la pièce : « C’est drôlement absurde ! Très dans l’esprit des comédies romantiques de Noël qu’on regarde en secret… en se disant : peut-être, qui sait, ça pourrait m’arriver ! On en sort avec un énorme sourire et le cœur plus léger. »
Formé au Stella Adler Studio et à l’UCLA, passé par les scènes de Los Angeles, Wissam apporte au rôle une énergie vive et tendre, parfaitement adaptée à l’esprit du spectacle.
Abderrahim El Awji, toujours prêt à plaisanter, confie : « C’était une expérience exceptionnelle, la troupe a beaucoup travaillé pour arriver là… L’important, c’est que je suis le personnage le plus drôle de la pièce ! »
Impossible de dire s’il exagère, mais connaissant son sens du comique, on est prêts à le croire. Auteur, acteur et conteur libanais, passé par la résidence du Royal Court Theatre à Londres, coauteur de l’émission satirique Chinn, il multiplie les projets artistiques depuis quinze ans.
Un Noël à vivre au Théâtre Monnot
« Chou Carlos Ahsan Menni ? » est une invitation à rire, à respirer, à s’offrir une soirée pleine de charme et de légèreté, exactement ce dont on a besoin en décembre.
Un pari, une promesse, un rire… et un Noël franchement pas comme les autres.
À ne pas manquer.
À voir au Théâtre Monnot à partir du 10 décembre
Billets en vente chez Antoine Ticketing
Réservations : 70 626 200