Cette jeune céramiste dont l’œuvre commence à se faire connaître aussi bien au Liban qu’à l’international, répond aux questions de l’Agenda culturel.
Comment vous est venu cet amour de la céramique ?
Lors d’un voyage avec l’ordre de Malte, j’ai rencontré une jeune femme, Hala Gorayeb Gemayel, qui accompagnait le groupe et qui avec une immense générosité a proposé de m’initier à l’art et à la technique de la céramique. J’ai donc fréquenté son atelier pendant trois ans, j’y ai pris goût et cela nous a donné l’idée, à ma maman et moi-même de fonder notre propre atelier. Voyant que j’avais un certain don, cette dernière s’est dit que nous pourrions le faire de façon plus systématique et professionnelle.
D’autant que vous avez un point de chute pour écouler votre travail ?
En effet, nous vendons notre production dans le magasin familial, Le Petit point. Il a fallu bien sûr s’équiper, notamment d’un four très complexe dont la température monte jusqu’à mille degrés et qui a besoin de 48h pour refroidir. Comme un appartement venait de se vider dans notre immeuble, nous y avons installé notre atelier, au début, plutôt pour nous amuser mais nous avons réalisé que nos objets plaisaient et cela nous a encouragé à continuer.
Parlons-en justement de vos objets ! Quels sont-ils ?
Nous avons commencé avec un oiseau sur pattes en cuivre. D’ailleurs le mélange de la céramique et du cuivre, procédé totalement original, est notre marque de fabrique. Le cuivre est fabriqué chez un artisan dans le nord du Liban. Cet oiseau, de différentes tailles et couleurs, a eu tellement de succès que nous avons non seulement dû répondre à une demande sans cesse croissante mais nous avons voulu nous diversifier avec d’autres objets.
Dont l’un est un hommage au peintre Willy Aractingi ?
Absolument puisqu’il s’agit de mon grand-père maternel, que j’ai très bien connu et qui peignait des cyprès et des arbres de forme ronde. Nous avons, toujours avec ma maman qui elle, trouve toutes les idées, fabriqué un arbre rond et nous l’avons orné d’oiseaux et de fruits en cuivre, tout à fait à la manière de Willy Aractingi. Nous avons également à notre catalogue des maisons et des poissons, eux aussi de différentes couleurs, ce qui fait la joie des collectionneurs.
Votre maman est en permanence à vos côtés dans cette magnifique entreprise ?
Oui comme je vous le disais c’est elle qui trouve les idées, elle est mon imprésario ! Et puis grâce à ce travail sur l’argile, j’ai pu développer tout mon côté gauche, notamment la main, qui avait été fragilisé et quasi paralysé par mon accident. C’est une véritable thérapie.
Quelles sont les principales difficultés techniques auxquelles vous devez faire face ?
Quand un objet a été placé à l’intérieur du four, l’en ressortir une fois cuit peut constituer une surprise bonne ou mauvaise. Un véritable accouchement. L’objet peut être fissuré ou bien sa couleur peut avoir complètement évolué car quand la poterie est crue, sa couleur est mate. Une fois cuite, elle devient lumineuse et brillante. Il arrive de devoir jeter un objet dès sa sortie du four. Le cuivre constitue une difficulté supplémentaire car comme les objets rétrécissent à la cuisson, ce dernier peut mal tomber. Finalement c’est une question d’expérience et de pratique.
En quoi consiste votre prochaine production ?
Nous essayons de produire un ange avec des ailes et une auréole en cuivre. Nous espérons que cette nouvelle idée plaira autant que l’oiseau. Leur point commun est leur expression qui change selon comment est peint leur œil. Et c’est ce qui amuse beaucoup les acheteurs. Nous verrons bien !
