Original text in French.
MAGJe vais vous faire une confession : À chaque catastrophe mondiale, j’ai un espoir fou de réhabilitation de l’espèce humaine. Je vous explique :
Quand Covid nous a terrassés en 2020, il nous a fallu du temps pour croire à cette réalité tout simplement inimaginable : Tout arrêter. Et non, ce scénario-catastrophe n’était pas de la science-fiction ! Le monde ne respirait plus, il était en apnée. Courageusement, nous nous sommes confinés, en nous installant progressivement dans ce qui allait bientôt devenir notre seul mode de vie : à chacun ses feuilletons, ses moments de méditation, ses promenades pédestres, la découverte de son environnement.
Naïve endurcie, je trouvais que la halte que nous imposait Covid était salutaire. J’ai voulu croire que l’ère de la super-consommation s’achevait et que la Terre nous envoyait là, un signe pour retrouver notre véritable connexion avec la nature.
Ce monde devenu stone (rude, froid, insensible) changeait enfin. J’écrivais même : « On n’a plus besoin de courir aux activités. Il n’y en a plus. On joue avec ses petits, à quatre-pattes. On s’occupe d’eux. Les garderies sont fermées et les nannys chez elles. On découvre ses enfants, on cuisine ensemble. On téléphone aux grands-parents. On leur mijote des plats parce qu’eux ne doivent absolument pas sortir. On leur donne de l’affection. On s’en rappelle. Les éboueurs sont bénis. Les plombiers aussi. Les médecins et tout le corps soignant sont appelés nos anges gardiens. On travaille relax de la maison. On se fait un café. On sent son odeur. La tasse en porcelaine est chaude, ça fait du bien. Ça change du thermos qu’on remplit pour le bureau. Les boîtes à lunch restent sur l’étagère. On fait des exercices chez soi, sur le tapis. On redevient ami avec ce corps qui court sans arrêt. »
Poussant la crédulité jusqu’au bout, j’imaginais qu’enfin les foules allaient se ressaisir et se reposer de leur folie. Je rêvais que nous allions relativiser, par enchantement, vanité et bisbilles, projets titanesques, courses à la célébrité... J’hallucinais en pensant retrouver cette part d’humain perdue sur les marchés financiers, les bilans des entreprises, les évasions fiscales des plus nantis, la concentration de la richesse aux mains d’une poignée d’hommes…
Le comble du leurre, c’est que dans ma lassitude profonde, je croyais (ou voulais croire) que ce que m’inspirait le confinement était partagé, même par les décideurs. Je le croyais fermement…
Sauf que le film ne s’est pas déroulé ainsi… La bulle de bien-être s’est bien vite percée.
« Covid le libérateur » a perdu toutes ses plumes avec ce constat six ans plus tard : « Depuis vingt-cinq on voit émerger le phénomène des entreprises superstars… Ces multinationales (comprendre les prix de l’énergie, la ruée vers l’IA et les banques) … dégagent des marges bénéficiaires sans cesse plus impressionnantes ». (Le Monde du 10 et 11 mai 2026).
Et si le Hantavirus … ?