Je suis artiste peintre, et pourtant le monde autour de moi semble avoir oublié les couleurs, et mon langage n’est pas le bruit des armes.
Même quand le ciel s’assombrit au-dessus du Liban, même quand la peur s’infiltre dans les rues et dans les coeurs, mes toiles restent des actes de résistance.
Je réponds au bruit de la guerre par des éclats de jaune, au fracas par des touches de bleu, à la peur par des rouges vivants, non pas ceux du sang, mais ceux de la vie qui insiste.
Chaque couleur que je pose est une manière de dire: nous sommes encore là.
Je pense au Liban comme une toile infinie, blessée mais lumineuse, fragmentée mais vibrante.
Un pays qui même dans la douleur, ne cesse de créer, de chanter, de rêver.
Alors je peins.
Je peins pour retenir la lumière quand tout vacille.
Je peins pour croire, encore et malgré tout, que les couleurs survivront à la guerre.
Peindre pour moi c’est refuser que la guerre ait le dernier mot.
Le Liban vit en moi
Et tant que je tiendrai un pinceau, je continuerai à peindre non pas ce qui s’effondre, mais ce qui persiste.

