Il y a des jours, après avoir vu trop d’atrocités, des ponts qui s’écroulent, des puits de pétrole qui s’enflamment, des cieux zébrés de missiles balistiques, des pluies de bombes à fragmentation qui pleuvent comme des feux d’artifice. Quand je vois des navires énormes en feu, coulés par des trajectoires meurtrières, des porte-avions qui crachent de monstrueux oiseaux de ferraille grise, semeurs de destruction et de mort; quand je vois des immeubles entiers qui s’effondrent le temps de le dire, des tours, chefs d’œuvre d’architecture, sauvagement éventrées; quand je vois des enfants hagards parmi les décombres, d’autres criblés d’éclats d’obus sur des lits d’hôpitaux, amputés ou démembrés… Quand je vois les ravages de la violence poussée à son paroxysme et que le spectre d’Hiroshima et Nagasaki réapparaître pour de vrai… Je suis comme vous tous… sans voix… et les mots me manquent soudain.
Mais, dans ma boîte aux lettres s’est glissé il y a trois jours, quelque chose d’encore plus horrible : Cet article dans le dernier numéro du Times, le bi-mensuel américain, qui a présenté le dernier fleuron de l’horreur : un robot humanoïde, répondant au doux nom de « Phantom MK-1 » et qui serait le nouveau soldat de l’IA. Son co-fondateur, un certain Mike Leblanc, serait un vétéran de la Marine américaine qui a servi en Irak et en Afghanistan. Après ces 14 années de bons et loyaux services à son pays, il en est revenu avec une idée fantastique : créer une extension naturelle des systèmes autonomes (comme le sont les drones) pour faire la guerre. Comprendre remplacer les soldats humains par des machines !
Ses arguments sont convaincants : les robots, contrairement aux hommes, ne se fatiguent pas, n’ont pas peur, ne sont pas sujets à des post-traumatismes, sont excessivement précis et, cerise sur le gâteau : ils sont immunisés contre les radiations, les émanations chimiques ou les armes biologiques. Pour soutenir la création de sa start-up intitulée Foundation, il présente son joujou comme arme dissuasive efficace en cas de risque nucléaire…
Pour la petite histoire, toujours d’après le Times (23 mars 2026, d’où est empruntée la photo illustrant cette chronique), Éric Trump (le fils de Donald) serait un des grands investisseurs et le conseiller stratégique en chef de Foundation.
J’en suis restée tétanisée. Moi qui avais été choquée par ces scientifiques qui avaient émis l’idée de refroidir la planète en pulvérisant des particules dans l’atmosphère pour faire baisser le thermostat du globe… Et par ces autres « savants environnementaux » qui pensent construire un mur sous-marin pour limiter la fonte des glaces…
Comme on peut être innocent parfois !