Dans le 20e arrondissement de Paris, la Flèche d’Or a accueilli ce mercredi 25 mars un concert en soutien Pour le Liban, réunissant chanteurs et musiciens le temps d’une soirée forte en émotions.
C’est dans un décor feutré et intimiste que les collectifs Mechwar et Corps Niche ont mis en place une programmation musicale d’exception alliant mélodies traditionnelles revisitées et chants de résistance teintés d’accents électro. Sur une scène sobre baignée d’une fumée blanche, c’est l’humoriste libanaise Shaden Fakih qui présente et anime l’évènement.
Les sœurs Michelle et Noel Keserwany inaugurent la soirée avec deux chansons originales portées par un rythme entraînant et une écriture pleine d’esprit, elles déploient une critique incisive de l’ordre établi et de la situation politique désastreuse au Liban avec la chanson « Panique Bel Parlement ».
Le spectacle se poursuit avec la chanteuse et musicienne Lynn Adib tantôt accompagnée de sa contrebasse, tantôt en solo ou encore en duo avec Bachar Mar Khalife et Zeid Hamdan. Ils chantent respectivement le Liban, le terroir entre patriotisme et engagement. Lynn Adib réinterprète notamment, de sa voix à la fois vibrante et incantatoire, un chant de résistance du Sud-Liban intitulé « Aala Tari’ ‘Aitit » (sur la route de Aitit). Sur son synthétiseur Bachar Mar Khalife livre dans un recueillement poignant une interprétation de « Mawtini » (Ma patrie) ou encore son titre « Insomnia » d’une voix grave et habitée. Et c’est enfin Zeid Hamdan qui se produit sur scène à la guitare dans une esthétique électro-orientale indie, portée par des textures sonores à la fois épurées et immersives avec les titres « Nomad » ou encore « Taht El Ward ». La soirée se clôture avec le DJ Sao Moustafa.
En parallèle, un stand propose à la vente des œuvres de Sama Beydoun et de Kabrit, ainsi que des créations d’Amal Saadeh pour Bake Sale for Lebanon. L’ensemble des bénéfices de la soirée est reversé à plusieurs associations au Liban — Ahli AlMadina au nord du pays, Nahnoo à Beyrouth et LACODE (Lebanese Association for Coexistence and Development) à Baalbek dans un contexte de crise et de guerre ayant contraint de nombreuses populations, notamment au Sud et dans la banlieue sud de Beyrouth, au déplacement et à l’exode.
La série d’évènements « Pour le Liban » se poursuit à Paris à l'initiative de Sarah Hajjar directrice du festival du film libanais à Paris, Sarah Zaiter fondatrice de Mechwar et Noel Keserwany :
- Le samedi 28 mars pour un ciné-débat et concert avec une projection de « Jamais Plus » et « Sud-Liban : histoire d’un village assiégé » par Jocelyn Saab suivi d’une table ronde et d’un concert de Jazz.
- Le mercredi 1er avril pour un ciné débat autour du documentaire « Tous pour la patrie » de Maroun Baghdadi suivi d’un échange avec Samah Karaki et Lola Maupas.
Une collecte de fonds est par ailleurs accessible en ligne pour prolonger cet élan de solidarité : https://www.helloasso.com/associations/nabad/formulaires/4?utm_source=ig&utm_medium=social&utm_content=link_in_bio&fbclid=PAZnRzaAQynk1leHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZA8xMjQwMjQ1NzQyODc0MTQAAaf1ym_KUefPAa1iOTtM2uGf27IVx-gy36GWTBMeyFn8XBievKxbJQ4IIX7_uQ_aem_aJ8XAofrTLhjDGegIV_W-w.