Il s’avère depuis ce sombre mercredi du 8 avril, quand les portes de l’enfer se sont ouvertes sur Beyrouth, que la « déroute » semble, en fait, être impossible à matérialiser en mots.
Difficile d’exprimer le ressenti que crée en moi cette débâcle qui secoue le monde. Ce n’est plus seulement une situation qui nous déconcerte, mais elle cristallise l’ubuesque de ce que nous vivons, poussé à son paroxysme.
Moi qui manie les mots d’habitude, je m’en trouve tarie soudain. Même le dictionnaire qui vient à ma rescousse pour débroussailler mon ressenti à propos de cet état inqualifiable, avec des termes comme : absurde, grotesque, cruel, tyrannique, démesuré, aberrant, insensé… ne me désaltèrent pas. Il faudrait que je les regroupe exponentiellement tous ensemble dans un seul mot, que je ne trouve pas.
C’est probablement parce qu’il n’y en a pas. Ce printemps 2026 qui pleut des bombes, crache le feu et pulvérise terres et Hommes pour satisfaire la folie furieuse d’une poignée d’individus, a atteint l’apogée du non-sens. C’est comme si ce à quoi nous assistons est antinomique de la vie elle-même. Aurions-nous atteint l’innommable ?
Me revient cette description de l’Apocalypse : « Il y aura des guerres, des famines, des épidémies et des signes célestes qui alerteront le monde d’une crise imminente. Puis viendra l’Antéchrist un dirigeant politique qui établira son emprise sur la terre entière. Il sera secondé par un chef religieux appelé le faux prophète »
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Mais il y eu aussi cet appel du pape Léon XIV, en ces temps de Pâques chrétiennes, lors de la veillée de prière qu’il a initiée et durant laquelle il a appelé la majorité silencieuse à s’engager pour la paix face à la folie de la guerre : « Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent ! Assez des démonstrations de force ! Assez de guerre ! La véritable force se manifeste en servant la vie. »
