Mes cinq sens sont vides de sens,
Le versé, comme le présent,
Se contamine.
Dans ma pratique artistique, j’interroge la guérison collective des victimes d’injustices humaines, telles que la guerre. Mon travail explore cet espace de l’attente : une tension latente, indéfinissable, qui traverse la matière et les corps. C’est une attente d’un futur incertain, de ce qui est à venir, tout en sachant que le pire continue d’advenir.
Cette attente se transforme, se sublime, jusqu’à révéler la violence dans sa forme la plus nue, sans la maquiller. Montrer ce que le pays traverse, dans son histoire et sa chair, devient alors essentiel : non pour cacher la douleur, mais pour lui donner une place, sans la banaliser ni sombrer dans une amnésie collective.
Fragments du temps :
Ma chair extensible,
Tu caches les tourments.
Ma chère demeure,
Tu dévoiles les entrailles du temps
En suspens.
Sans y penser,
Tu ne montres que ce qui bouillonne.
Sur toi, en toi.
