Lisières de lumière
J’ai préfacé ma vie avec le froissement de l’eau qui résonne en moi. Il y a des choses que je n’arrive pas à décrypter.
Là-bas, je t’ai rencontré. Là où la pluie épouse le soleil. Là où le silence redresse son dos et cache les mots dans les tissus des rivières. J’ai converti mes couleurs en signes. J’ai écrit des mots minces et souples comme un roseau qui absorbe les bruits de la vie sur le chemin infini des lisières de lumière. Tu es un avertissement, un miroir du soi perdu. Ne crains pas les mauvaises nuits sur les traces de mes brûlures, sur la petite voie du temps ancien, sur l’état du monde… ce n’est qu’une traversée vers l’enfant désorienté et retrouvé.
L’Orient est une mangue rouge et les tigres n’aiment pas les papillons. La beauté les dérange. Les chromies les aveuglent.
À l’aube, la lecture m’a invité à rassembler les pièces du grand puzzle d’Éden que le coiffeur aux ongles noirs a teint d’un gris lamentable pour tuer les vestiges de l’histoire. Et pourtant, loin des malentendus, une petite fleur demeure dans les nuits prodigieuses des transhumances. Elle est ce caprice de vivre et la dernière ronde de deuil de l’humanité.
Nidal Haddad
Éditions Artliban Calima