Un homme est mort. Tué de joie. Non, pas la sienne. Celle des voisins peut-être, de ses concitoyens, tout au moins de ses compatriotes. Tombé pour la joie qu'enfin cessent les morts, les morts tués par les bombes, les bombes lancées par la guerre, la guerre déclenchée par un tir. Le cercle est parfait. L'absurdité est circulaire. Le pathétique est absurde. Plus, ce serait divin. Pas de ce monde, abstrait. Comme l'Al-gebra, qui fit naguère notre fierté, consumée à présent. Comme le triple dieu, celui pour lequel nous sommes si prompts à presser sur la gâchette, d'ailleurs il s'est fait discret ces derniers temps. Peut-être que nous l'avons fatigué. Car l'homme ne bouge plus. Ça fait longtemps déjà qu'on ne ressuscite plus sur cette terre trois fois promise au malheur. Moi, à la place divine, je me serais fatigué. Je m'en serais allé. A Curaçao, sous un palmier. Et l'une de mes dernières pensées aurait été pour l'homme mort un 17 avril.
Crédit image: theUNcampaign.org, 2006
