Original text in French.
MAGVendredi 15 mai, sous un ciel d’un bleu étincelant, purifié par le mistral, et depuis le promontoire du Palais du Pharo, ouvert sur le port de Marseille, sur la mer et sur tous ses vents, la Saison Méditerranée a été lancée en présence de Jean Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de Catherine Pégard, ministre de la Culture, d’Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français et du maire de Marseille, Benoît Payan. Le moment le plus applaudi a été le discours de la commissaire générale, Julie Kretzschmar. Après plus de deux ans de préparation, elle donne le ton de cette édition : une Méditerranée à raconter, à relier, à faire circuler, malgré les fractures du présent.
Du 15 mai et jusqu’au 31 octobre dans plus de 60 villes en France et dans plusieurs pays partenaires, dont le Liban, l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc des centaines d’évènements artistiques se dérouleront autour de 5 thématiques pour adresser les questions contemporaines en commun : les utopies spéculatives, les identités plurielles, les spiritualités contemporaines, l’histoire collective des migrations, la construction des récits.
La communication principale de la Saison affiche “Arriver, partir, revenir”. Pour nous, Libanais, ces mots résonnent très fort. Je vois la statue de l’émigré au port de Beyrouth, tournée vers l’ailleurs, tournée vers la Méditerranée. Et me reviennent en mémoire tous ces récits de départ en bateau vers Marseille, justement. Et d’ici, de Marseille, devant son port, je revois tous ces “Turcos”, ces Syriens, Palestiniens et Libanais embarquant sans savoir s’ils arriveraient en Afrique, en Amérique latine, ou peut-être même… rester à Marseille.
Pour le lancement, la programmation à Marseille annonce un rythme dense, chargé, riche d’expériences croisées, de cultures brassées, d’ouverture à l’autre, à un moment où les replis identitaires gagnent du terrain. Et c’est là que Marseille est fidèle à elle-même : elle n’explique pas la Méditerranée, elle la vit.
Du côté de la participation libanaise, le lendemain de l’ouverture, le consul du Liban à Marseille, Monsieur Ralf Matar, a offert une réception en collaboration avec Live Love Marseille. Une foule s’est réunie, rappelant combien les relations franco libanaises restent serrées, vivantes, presque naturelles. Le dimanche soir, le Liban prenait le relais autrement, avec un spectacle qui avait la gourmandise comme porte d’entrée et la mémoire comme arrière-plan. In Hummus We Trust. Et, pour rester dans la gastronomie, Jessy Khalil donnera son spectacle La vraie histoire du taboulé vert. Enfin, le 21 mai, s’ouvrira l’exposition de la Bibliothèque Orientale Photographier le Patrimoine du Liban 1864-1970 à la bibliothèque de l’Alcazar toujours à Marseille.
Un programme libanais chargé, dans une ville phocéenne qui connait déjà bien les rives phéniciennes.
La Saison méditerranée se déroule du 15 mai au 31 octobre et offrira des centaines d’évènements entre la France et les pays partenaires, dont le Liban, l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc.
