Vernissage : 17 mars 2026
Du 18 mars 2026 au 21 juin 2026
Grand Palais, Paris, France — 75008 Paris, France
« J’ai toujours voulu être cinéaste. Mes diaporamas sont des films composés de photos », explique Nan Goldin. La rétrospective « This Will Not End Well » organisée par le Grand Palais est la première exposition en France à présenter une vue d’ensemble de l’œuvre de la photographe Nan Goldin en tant que cinéaste, à travers ses diaporamas et vidéos. Elle comprend The Ballad of Sexual Dependency (1981-2022) son magnum opus ; The Other Side (1992-2021) un portrait historique réalisé en hommage à ses ami·e·s trans qu’elle a photographié·e·s entre 1972 et 2010 ; Sisters, Saints, Sibyls (2004-2022) un témoignage sur le traumatisme des familles et le tabou du suicide ; Memory Lost (2019-2021) un voyage claustrophobe à travers le sevrage de la drogue ; Sirens (2019-2020) une plongée dans l’extase de la drogue ; et Stendhal Syndrome (2024), une œuvre inspirée de six mythes tirés des Métamorphoses d’Ovide, qui explore ce trouble décrit par Stendhal comme une perte de connaissance face à la beauté écrasante de l’art. Au Grand Palais, l’exposition se déploie au sein de pavillons uniques conçus par Hala Wardé, architecte qui collabore souvent avec Goldin. Chaque pavillon est pensé en fonction de l’œuvre qu’il accueille. Ensemble, ils forment un village. Celui-ci s’étend à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, où sera présentée l’installation conçue pour cet espace en 2004 dans le cadre du Festival d’Automne, Sisters, Saints, Sibyls.
Nan Goldin (née à Washington D.C. en 1953) est l’une des artistes les plus influentes de notre époque. Son travail d’exploration de l’expérience humaine est légendaire et a profondément influencé de nombreuses générations. Sa première œuvre, The Ballad of Sexual Dependency, documente la vie à Provincetown, New York, Berlin et Londres des années 1970 jusqu’aux années 1990. Goldin a photographié avec une immense tendresse son entourage d’ami·e·s créatif·ve·s et bohèmes. Ses photographies nous offrent des instantanés de l’intimité et du couple, du quotidien et des fêtes extravagantes, de l’espoir et du désespoir. Montrant une génération qui connaissait la liberté de la vie avant le sida et évoluait dans un monde alternatif en marge de la société, l’œuvre de Goldin constitue également un témoignage de son époque. Vers 1980, Goldin a commencé à présenter son diaporama The Ballad of Sexual Dependency dans divers clubs et lieux publics à New York, ainsi que dans les cinémas underground et les festivals de cinéma en Europe. Elle l’actualisait et le rééditait à chaque projection et actionnait plusieurs projecteurs, sur le fond d’une bande sonore éclectique. La capacité de Goldin à revisiter ses diaporamas constitue depuis lors le cœur de sa pratique artistique. Au cours des quarante dernières années, elle a produit environ une douzaine de diaporamas différents, des portraits de ses ami·e·s aux récits d’évènements familiaux traumatisants. Depuis 2004, elle y intégre de nouveaux éléments que ce soit des images animées, des voix ou encore des documents d’archives. Nan Goldin a toujours abordé des questions sociales telles que le genre, la santé mentale ou le sida suivant différentes approches. Memory Lost évoque les côtés les plus sombres de la dépendance aux drogues. En 2017, Goldin a fondé P.A.I.N. (Prescription Addiction Intervention Now), un groupe d’action directe ciblant spécifiquement la famille Sackler, une famille de milliardaires tenue pour responsable du déclenchement de la crise épidémique des overdoses d’opioïdes. Les Sackler sont d’importants donateurs pour de nombreux musées internationaux de renom. Cependant, bon nombre de ces institutions ont réagi à la pression de P.A.I.N. et ont retiré toute trace du nom des Sackler de leurs espaces.
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