Pour les fêtes de Pâques, j’avais l’habitude d’être au Liban. Mais pas cette année. Et le pays me manque. Beaucoup. Pour plusieurs raisons, que certains trouveront puériles….
J’aime cette fête qui se prépare pendant 40 jours. Les efforts des uns, des autres durant le carême. La petite culpabilité de ne pas assez faire ou d’ignorer ce temps d’intériorité. J’aime la fête des rameaux, manifestation absolument charmante que célèbrent avec fierté parents et grands-parents. Il y a de la joie, des enfants-poupées, des bougies et des fleurs. Suit une semaine dédiée à la prière et aux délicieux maamouls, occasion, souvent, pour les confectionner de regrouper les sœurs, voisins (et même belles-filles), en s’acheminant vers le Jeudi-saint, quand, bras-dessus bras-dessous avec ceux qui nous sont chers, on visite sept églises dans le quartier qui sied aux marcheurs. Le Vendredi, grandiose vendredi, jim3a el 3azimeh, prière et recueillement sont de mise, même dans les processions autour du parvis de l’église quand flottent au vent les branches de palmiers. Que dire de la frénésie des œufs colorés ou l’odeur du gigot parfumé qu’on apprête, le Samedi saint ? Et enfin, glorieux et heureux, s’éclate le dimanche de Pâques qui signe la fin des privations pour beaucoup encore et donne tout le sens à la religion chrétienne : celui de la Résurrection.
Il y a là me dira-t-on beaucoup de souvenirs heureux. Oui bien sûr, mais plus le monde va… à la dérive… plus je constate qu'on s’éloigne de ce qui, aussi, pourrait le réconforter. À savoir des traditions partagées qui créent de la cohésion entre les membres d’une société mais qui favorisent aussi l’épanouissement d’une spiritualité, antidote à cette descente aux enfers à laquelle nous assistons poings et mains liées.
Jeter le bébé avec l’eau du bain en voulant se débarrasser de l’hégémonie de l’Église, c’est aussi un piège pour saper l’identité individuelle dans une de ses composantes essentielles, la religion, dans le but de mieux la contrôler… À méditer.