Le monde a perdu la boule. Moi aussi. Notamment en visionnant une publicité qui passait à une heure de grande écoute à la télé : un chat quelque peu frustré parce que sa maîtresse ne s’occupait pas véritablement de lui. Quelques secondes plus tard, la même femme verse un paquet de croquettes dans la gamelle de minou, faisant son bonheur. Les seules paroles prononcées : « Parce qu’il faut rester toujours humain ! »
Une autre pub montre un robot qui tombe en panne et qu’une goutte de café réveille. Pour tout slogan : « Le plaisir nous rend humain ».
Je ne sais pas ce que vous en pensez. Mais moi je m’indigne : Non l’humanité ne se réduit pas à ça !
Nous ne sommes malheureusement plus nombreux à nous indigner et pourtant nous n’avons jamais eu autant besoin d’indignation contre la violence extrême de notre monde.
La violence n’est plus seulement une question d’armes, elle se nourrit et se manifeste partout autour de nous verbalement et politiquement : avec les menaces proférées et les mensonges éhontés des dirigeants; par les génocides silencieux défiant la justice et le jugement de toute l’humanité; dans le regard des millions d’enfants qui crèvent de faim sur nos écrans; dans la détresse des migrants fuyant les massacres mais qu’on pourchasse comme des bêtes; auprès des populations paisibles dans leurs champs, matraqués, bombardés, massacrés, chassés de chez eux par décision suprême d’on-ne-sait-plus-qui; au sein des ghettos d’êtres humains asservis par des lubies de pouvoir; des villages dépouillés, saccagés qui tombent comme des mouches pour servir des appétits de gain voraces; des expulsions arbitraires; des camps de la honte; des viols et trafics d’enfants, des prisonniers violés par des chiens…
Criblés d’horreurs, nous glissons sur les aberrations, énormités, injustices, usurpations, déséquilibres, crimes et autres « broutilles » avec le même flegme que nous avons face à la dernière sortie sur Netflix.
À croire vraiment que la définition de l’humain est à revoir !