J’avais 10 ans, l’âge où l'on apprend encore à dessiner des maisons avec des fenêtres carrées et un soleil rond dans un coin de la page.
On vivait sur la ligne ! Que les adultes appelaient la démarcation, je me souviens des explosions, de la radio qui diffusait toute la journée, des valises toujours prêtes jamais vraiment défaites.
J’ai appris à grandir trop vite sans le vouloir et pourtant je continuais à dessiner des visages des gens et des maisons.
Aujourd’hui je vis toujours la guerre dans une autre forme.
Dans ma peinture le libanais coiffé d’un tarbouche sur lequel j’accroche un cèdre fragile et fier à la fois, le fond bleu vaste et épuré devient un ciel intérieur, un espace de respiration où l’âme se déploie malgré tout.
À travers cette répétition je cherche la profondeur comme si chaque toile tentait de raconter la même histoire.
Celle d’une appartenance.


