Je suis Rana Abboud, architecte et peintre libanaise, habitée par une passion profonde pour l’art. Dans ma pratique, j’explore le paysage comme une mémoire vivante, et la relation intime qui nous lie à la terre.
J’efface presque tous les repères descriptifs et tends à renforcer la perspective, un lien de concentration dans un espace sensible, fragile, qui se traduit à travers une couleur dense où affleurent encore les villages, comme des souvenirs qui refusent de disparaître.
Les images se répètent, comme ces paysages libanais magnifiques aperçus lors des trajets d’enfance, défilant derrière la vitre, ancrant en moi une appartenance silencieuse. Mais cette répétition devient fracture. La guerre altère le regard, trouble l’horizon, et transforme l’attachement en douleur.
Le Liban persiste en nous comme une identité indélébile, à la fois refuge et blessure, une terre que l’on porte autant qu’elle nous échappe.

Image 1: Qaraoun
Qaraoun est un paysage chargé de contradictions. Derrière sa sérénité apparente, il porte les traces d’un territoire fragile, marqué par les enjeux environnementaux, les tensions, et une forme d’abandon.

Image 2 : Bekaa
La Bekaa est un territoire de contraste : fertile mais fragile, ouvert mais isolé.
Une longue respiration entre deux chaînes de montagnes.