Noha Baz publie Le deuxième acte, un roman inspiré d’une histoire vraie. Elle signera son ouvrage lors du Salon du livre de la mairie du 7e arrondissement, le samedi 11 avril à partir de 14h30. Tous les bénéfices du livre seront reversés à l’association Les Petits Soleils.
Le roman s’ouvre sur un croisement de hasards. Deux présidents de la République se vouant une admiration mutuelle vont œuvrer indirectement pour faire s’épanouir une vie.
Un petit carnet, fatigué par les années, avec à l’intérieur quelques photographies aux bords dentelés, des documents administratifs bardés de tampons officiels est le fil conducteur de l’histoire et va raconter les traces imparfaites d’un passé morcelé.
Avant le nom qu’elle a reçu en arrivant en France, Odile en a porté un autre griffonné sur un registre jauni dans un orphelinat de Beyrouth. Un nom recouvert ensuite par le silence. Son histoire commence dans un pays de lumière et de fractures. Adoptée à l’âge de trois ans par une famille française, elle a grandi dans un environnement aimant, avec des parents qui lui ont offert une enfance heureuse, des repères solides, mais qui ne pouvaient pas combler l’absence d’un début d’histoire. Pour elle, il y avait toujours cette interrogation silencieuse, tapie dans un coin de son esprit : d’où venait-elle vraiment ?
À travers les souvenirs reconstitués, les témoignages recueillis et les archives exhumées, la vie d’Odile se dessine dans toute sa complexité, ses blessures et ses moments de doute. Elle découvre un tissu de vies entremêlées où la fiction et la réalité se confondent.
Le récit alterne deux temporalités. Celle de l’enfance et celle de l’âge adulte, où chaque document devient une pièce à décrypter, chaque détail une piste fragile pour aller chercher des racines. Le Liban s’y découvre entre les lignes comme un personnage à part entière.
Ce qui frappe, dans ce roman, c’est la place accordée au hasard qui fait en sorte que chaque avancée semble suspendue à une coïncidence, comme si la vie elle-même conspirait à lui rendre ce qui lui avait été enlevé. Derrière ces hasards, il y a aussi la main invisible de l’humanité : des inconnus qui acceptent d’aider, de raconter, de transmettre.

Le style est délicat, les phrases ciselées sans ostentation, simplement portées par l’émotion. L’autrice laisse respirer le texte comme pour mieux habiter l’histoire. Le récit s’inscrit dans une écriture autobiographique où l’expérience individuelle devient le support d’une réflexion plus large sur l’identité, la filiation et l’exil.
La narration repose sur une structure polyphonique, qui fait dialoguer plusieurs voix et points de vue. Au fil des pages, plusieurs voix vont se relayer pour témoigner de cette deuxième naissance.
Entre deux rives, le livre se situe à la croisée de deux espaces culturels, interroge les dynamiques de déracinement, de transmission et de réappropriation identitaire ; parle de liens familiaux, dévoile des moments inattendus au décours desquels deux pays, le Liban et la France, finissent par coexister et se répondre.
Ce deuxième acte est à l’image de son héroïne : un chant obstiné de réconciliation et d’espoir.
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Le deuxième acte, Noha Baz
88 pages
Éditions Bod / Les petits soleils