Les artistes libanais expatriés ont ressenti le dernier conflit touchant le Liban avec une violence toute particulière et ont voulu l’exprimer à travers leur création artistique. C’est le cas du peintre franco-libanais Roy Sfeir qui prépare à Paris une nouvelle exposition intitulée "Bhebbak ya Libnan" (Liban, je t'aime). Il fait part de ses impressions à l’Agenda Culturel.
C'est une exposition un peu particulière, par rapport à d'habitude car elle complètement centrée sur le Liban ?
En réalité le titre « Liban je t’aime » s’est imposé à moi naturellement en raison de la guerre, je n’y ai pas beaucoup réfléchi. Beaucoup de mes amis m’ont demandé si j’allais exposer des paysages libanais… La présence du Liban dans ces nouvelles peintures abstraites est liée à la couleur bleue qui pour moi symbolise le ciel de mon pays ainsi que la couleur verte qui fait allusion aux forêts du Liban. Par ailleurs en 2026 cela fait cinquante ans que je réside en France, l’exil amplifié par la guerre m’ont imposé ce titre (peut-être un peu trop ambitieux car il fait référence à la grande Feyrouz…)
Que pouvez-vous nous dire de ce nouveau corpus d'œuvres ?
Ce nouvel ensemble en fait est dans la continuation de mes œuvres antérieures avec peut-être une utilisation marquée de la couleur verte et de la couleur bleue, parfois les deux dans une même toile. J’ai également réalisé huit peintures que j’intitule « pluie de couleurs » de formats différents avec ceci de particulier : des coulures diverses rythment les toiles verticalement, (une pluie, des larmes ?) Elles sont apparues spontanément au début du conflit…
Voulez-vous parler de deux œuvres qui vous tiennent particulièrement à cœur?
« Pluie de couleur 1 » est une toile que j’apprécie particulièrement, car elle a différents niveaux de lecture, un dynamisme et en même temps une sorte de mélancolie … La deuxième peinture que je voudrais citer c’est « improvisation en vert » qui est en fait un diptyque avec une dominante en vert et bleu et des petites touches jaunes ou rouges qui ponctuent l’ensemble. C’est une peinture qui me fait voyager.
Le poète Issa Makhlouf signe la préface de l'exposition. Quelles œuvres l'ont particulièrement inspiré ?
Il a apprécié plusieurs œuvres, il me semble qu’il a particulièrement aimé « improvisations en vert ».
Pensez-vous que l'art soit rédempteur ?
L’art est-il rédempteur ? oui et non … L’art peut nous aider quand la réalité est trop violente, comme un refuge, mais hélas il ne suffit pas à réparer les bêtises de l’être humain ….
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Vernissage le 7 mai 2026 de 18h à 21h
Exposition du 7 au 23 mai 2026.
Galerie Samagra
52, rue Jacob 75006 Paris
